Fruit de plus de trente années d’observations menées « par clairvoyance » sur la structure intime de la matière, La Chimie occulte est l’un des documents les plus singuliers de la rencontre entre théosophie et science moderne. Annie Besant, qui succéda à Helena Blavatsky à la tête de la Société théosophique, et C. W. Leadbeater y entreprennent de décrire, atome par atome, la constitution des éléments chimiques — jusqu’à cet « atome ultime » (anu) dont ils dressent la géométrie. Dans la trajectoire des auteurs, l’ouvrage prolonge les recherches inaugurées dès 1895 dans la revue Lucifer et couronne une œuvre commune déjà marquée par Thought-Forms (1901). Dans l’arc plus long de l’ésotérisme moderne, il hérite de la cosmologie atomique de The Secret Doctrine de Blavatsky (1888) et de la classification des éléments de William Crookes ; il nourrira à son tour la spéculation théosophique sur la matière, de La Conscience de l’atome d’Alice Bailey (1922) jusqu’aux relectures « quantiques » qu’en proposera Stephen Phillips à la fin du XXᵉ siècle. Cette première édition française tient une part de son intérêt bibliophilique à son traducteur, le Dr René Allendy, dont la thèse de médecine porta sur l’alchimie et l’hermétisme et qui comptera parmi les pionniers de la psychanalyse française.
« Un jour viendra où quelque grand esprit de synthèse, très doué en mathématiques et très imaginatif, parviendra à relier la physique et la chimie aux domaines végétal et animal, ainsi qu'à l'humain. »
Annie Besant & Charles Webster Leadbeater, La Chimie occulte, Paris, Éditions Rhéa (Publications Théosophiques), 1920.
| Auteur | Annie Besant et Charles Webster Leadbeater |
|---|---|
| Date & Lieu | Paris — 1920 première édition française |
| Imprimeur | Éditions Rhéa (Publications Théosophiques), Paris. Traduction du Dr R. Allendy et de H. de Pury-Travers ; introduction de C. Jinarajadasa |
| Format | In-8 (25 × 16,5 cm), 344 pp., en deux parties. Complet de ses 10 planches hors-texte, dont 4 dépliantes, et de ses figures dans le texte |
| Reliure | Broché, couvertures imprimées de l'éditeur ; exemplaire non rogné |
| Poids | 0.740Kg |
| État | Exemplaire broché, non rogné, tel que paru et legerement jauni . Complet de ses deux parties, de ses 10 planches hors-texte (dont 4 dépliantes) et de ses figures dans le texte. Très bel exemplaire.(Mouillure ancienne au dos |
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Publié en anglais en 1908 sous le titre Occult Chemistry, à partir d'observations paraissant dès 1895 dans la revue théosophique Lucifer, l'ouvrage de Besant et Leadbeater applique la « clairvoyance » à la structure de la matière : par une faculté qu'ils nomment anima, les auteurs prétendent réduire leur perception à l'échelle de l'atome et en décrire la géométrie interne, jusqu'à un « atome ultime » commun à tous les éléments.
Le projet s'inscrit dans le sillage de la cosmologie théosophique de Blavatsky et dialogue explicitement avec la classification des éléments de William Crookes, lui-même proche des milieux spirites.
La présente édition, première traduction française donnée par les Éditions Rhéa en 1920, doit son intérêt au choix de ses traducteurs : le Dr René Allendy dont la thèse médicale portait sur les doctrines alchimiques et hermétiques, disciple de l'ésotériste Charles Barlet, et futur cofondateur de la Société psychanalytique de Paris et le chimiste-biologiste H. de Pury-Travers, sous une introduction de C. Jinarajadasa.
Curiosité de l'histoire des sciences autant que document de l'occultisme du premier XXᵉ siècle, l'ouvrage sera revendiqué par ses partisans comme une anticipation de la notion d'isotope, et relu à la fin du siècle par Stephen Phillips à la lumière de la physique des particules. La page de titre porte la marque des Éditions Rhéa une sphinge ailée inscrite dans un Ouroboros, emblème hermétique de cet imprint des Publications Théosophiques établi au 4, square Rapp, siège de la Société théosophique de France, auquel succéderont les Éditions Adyar dès 1921.
Annie Besant (1847–1933), militante libre-penseuse et socialiste anglaise devenue théosophe, succéda à Helena Blavatsky à la présidence de la Société théosophique et se consacra à la diffusion de sa doctrine ainsi qu'à la cause de l'indépendance indienne.
Charles Webster Leadbeater (1854–1934), ancien clergyman anglican devenu clairvoyant et théosophe, fut son principal collaborateur ; ensemble ils signèrent notamment Thought-Forms (1901) et Man Visible and Invisible.
La Chimie occulte est le fruit le plus systématique de leurs « investigations » communes.
Le traducteur, le Dr René Allendy (1889–1942), figure du milieu ésotérique parisien avant de devenir l'un des pionniers de la psychanalyse en France, ancre cette édition dans les réseaux occultistes du premier XXᵉ siècle.