Façonnée au XIXe siècle par un artisan spécialisé (tebib) de la région Amhara, cette croix de procession éthiopienne orthodoxe témoigne d’une tradition métallurgique liturgique parmi les plus anciennes du monde chrétien. Son décor ajouré à entrelacs denses, caractéristique de l’école Amhara centrale, révèle une maîtrise formelle héritière à la fois de l’art aksumite antique et des influences coptes d’Égypte. Portée lors des grandes processions du Timkat et du Meskel, elle incarne la continuité vivante d’une Église fondée au IVe siècle sous le roi Ézana d’Aksoum.
« Ye-ityop'ya hager ye-kristos ager nat » — « La terre d'Éthiopie est la terre du Christ. »
Proverbe liturgique amharique traditionnel — cité dans : Ephraim Isaac, The Ethiopian Orthodox Tewahedo Church, Red Sea Press, 2013
| Matériau | Bronze / laiton patiné |
|---|---|
| Technique | Coulé à la cire perdue, plaque ajourée ciselée à motif tressé |
| Dimensions | H. 25–30 cm (sans hampe) × L. estimée 18–22 cm |
| Datation | Deuxième moitié du XIXe siècle (vers 1850–1890) |
| Origine | Éthiopie, région Amhara — atelier probable de Gondar, Lalibela ou Wollo |
| Fonction | Croix de procession liturgique (mäsqäl qäqwami), portée lors des grandes fêtes de l'Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo, notamment le Timkat (Épiphanie, janvier) et le Meskel (Fête de la Vraie Croix, septembre) |
| Iconographie | Plaque de forme losangique à entrelacs dense ajouré, croix pattée centrale inscrite dans un carré diagonal, quatre bras latéraux à extrémités tréflées, couronnement trilobé, douille conique pour emmanchement sur hampe processionnelle. Le motif tressé caractéristique est typique de l'école Amhara centrale du XIXe siècle. |
| État | Patine sombre naturelle intacte. Aucune casse, aucune restauration visible. Bel état général. |
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L'Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo, officiellement fondée au IVe siècle sous le roi Ézana d'Aksoum, est l'une des plus anciennes chrétientés au monde. Elle a développé une tradition métallurgique liturgique d'une continuité remarquable, dont les croix de procession constituent la production la plus emblématique. Fabriquées par des artisans spécialisés appelés tebib, ces croix accompagnent les grandes processions, où elles sont portées à bout de bras ou sur l'épaule par les prêtres et diacres. Le style Amhara du XIXe siècle — caractérisé par ses entrelacs géométriques ajourés et ses motifs imbriqués d'une grande finesse — atteint alors une sophistication formelle héritière à la fois de l'art aksumite antique et des influences coptes d'Égypte. Ces pièces sont aujourd'hui très recherchées des collectionneurs d'art chrétien africain et d'art orthodoxe oriental.