Publiée à Paris en 1619 chez Laurent Sonnius et Jean Petit-Pas avec privilège du Roi, cette édition en trois volumes in-8° reliés en vélin ivoire d’époque constitue la plus complète des éditions des œuvres littéraires d’Étienne Pasquier. Juriste, historien et homme de lettres de la Renaissance française, Pasquier y est présent dans toute la diversité de sa production : vingt-deux livres réunissant poésie, discours moraux, lettres amoureuses, pièces diverses et la vaste correspondance — près de 284 missives adressées à plus de 130 destinataires — qui offre un témoignage de premier ordre sur la vie intellectuelle et sociale des XVIe et XVIIe siècles. Le tome III, intitulé Œuvres meslées, contient la réimpression du Monophonie et diverses pièces de 1610, complétant un corpus dont l’ampleur et la cohérence font de cet ensemble une pièce maîtresse pour toute collection de littérature humaniste française. Intérieur en très bon état, reliures attractives et homogènes.
| Auteur | Étienne Pasquier |
|---|---|
| Date & Lieu | Paris, 1619 |
| Imprimeur | Laurent Sonnius et Jean Petit-Pas |
| Format | Fort in-8°, trois volumes — vingt-deux livres ; 284 lettres adressées à plus de 130 destinataires ; titres manuscrits au dos |
| Reliure | Vélin ivoire d'époque, titres manuscrits au dos — reliures cohérentes et homogènes |
| État | Intérieur en très bon état ; reliures attractives avec quelques traces d'usage compatibles avec l'époque |
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La publication posthume des œuvres littéraires complètes d'Étienne Pasquier en 1619, quatre ans après sa mort, intervient à un moment charnière de l'histoire de la littérature française. Le XVIe siècle humaniste, marqué par la Pléiade, Ronsard et Du Bellay, cède progressivement la place au classicisme naissant du XVIIe siècle. Pasquier, dont la longue carrière s'étend de 1529 à 1615, incarne mieux que tout autre cette transition : juriste formé à l'école du droit romain et humaniste nourri des lettres grecques et latines, il est aussi l'avocat qui plaida contre les Jésuites en 1565 devant le Parlement de Paris et l'historien des Recherches de la France, entreprise monumentale de reconstruction de l'identité nationale française. Sa correspondance, ici publiée dans son intégralité, est une source historique de première importance : elle met en lumière les réseaux intellectuels et littéraires de la Renaissance française, les débats politiques et religieux des guerres de Religion, et la vie quotidienne des milieux parlementaires et bourgeois. L'édition de 1619, publiée avec privilège royal chez deux des principaux libraires parisiens de l'époque — Laurent Sonnius et Jean Petit-Pas —, témoigne de la reconnaissance posthume d'une œuvre qui traversa les siècles sans jamais être totalement oubliée, même si Pasquier reste aujourd'hui moins connu que ses contemporains Ronsard ou Montaigne.
Étienne Pasquier (Paris, 1529 – Paris, 1615) est l'une des figures les plus représentatives de l'humanisme juridique et littéraire français de la Renaissance. Avocat au Parlement de Paris, il acquiert une réputation durable en 1565 en plaidant contre l'installation des Jésuites en France — un acte qui lui vaut une célébrité nationale. Son œuvre principale, les Recherches de la France, entreprise encyclopédique sur l'histoire, les institutions, la langue et la littérature françaises, constitue l'un des premiers monuments de l'historiographie nationale moderne. Parallèlement à cette œuvre savante, Pasquier entretint une activité littéraire et épistolaire considérable : poèmes, discours, lettres morales et amoureuses forment un corpus qui témoigne de l'idéal humaniste d'un homme cultivant à la fois les lettres, le droit et la vertu civique. Ami de Ronsard, correspondant de Montaigne et de Turnèbe, il incarne le type accompli du lettré-magistrat de la Renaissance française.