Dernier grand livre publié par Maurice Merleau-Ponty de son vivant, Les Aventures de la dialectique (1955) soumet la pensée dialectique et le marxisme révolutionnaire à un examen critique dont le célèbre dernier chapitre, « Sartre et l’ultra-bolchevisme », consomme la rupture du philosophe avec Sartre et Les Temps Modernes. Dans la trajectoire de l’auteur, l’ouvrage fait charnière : après la Phénoménologie de la perception (1945) et Humanisme et terreur (1947), il referme la période dite « de l’expression » et ouvre la voie à l’ontologie tardive du Visible et l’invisible, resté inachevé à sa mort. Dans l’arc plus large de la philosophie politique du XXe siècle, le livre se réclame de Max Weber et du Lukács d’Histoire et conscience de classe (1923), et provoqua en retour la réplique cinglante de Simone de Beauvoir, « Merleau-Ponty et le pseudo-sartrisme » (Les Temps Modernes, 1955). L’exemplaire présenté relève du tirage de tête — un des 38 seuls grands papiers sur vélin pur fil —, revêtu d’une reliure en plein maroquin.
| Auteur | Maurice Merleau-Ponty |
|---|---|
| Date & Lieu | Paris — 1955 (achevé d'imprimer le 19 avril 1955) |
| Imprimeur | Gallimard (NRF), collection « Blanche » |
| Format | In-12 (19,5 × 12,5 cm), 313 pp. + table, broché puis relié |
| Tirage | 38 exemplaires sur pur file, le N°5 |
| Reliure | Reliure postérieure en plein maroquin bleu nuit, dos lisse titré doré, tête dorée. Couverture brochée d'éditeur (première, dos et quatrième de couverture) et dos conservés. (Justification éditeur : voir rubrique « Tirage ».) |
| Poids | 0.447Klg |
| État | Proche du neuf. Reliure fraîche et sans défaut apparent ; couvertures d'origine bien conservées. |
Prix en Euros nets · Frais de port à la charge du client · Paiement par virement ou chèque · Conditions générales de vente
Publiées chez Gallimard au printemps 1955, Les Aventures de la dialectique prolongent et infléchissent la réflexion politique amorcée dans Humanisme et terreur (1947).
Merleau-Ponty y interroge le statut de la dialectique dans la pensée marxiste, de Marx à Lénine, en passant par Weber et le jeune Lukács, pour mettre en cause l'idée d'une histoire garantie par une raison immanente. L'ouvrage se clôt sur un long chapitre polémique, « Sartre et l'ultra-bolchevisme », où le philosophe prend ses distances avec l'engagement de Sartre auprès du Parti communiste : cette critique consomme l'éloignement des deux hommes, déjà entamé par la démission de Merleau-Ponty du comité de rédaction des Temps Modernes en 1953.
La réponse ne se fit pas attendre : Simone de Beauvoir publia la même année « Merleau-Ponty et le pseudo-sartrisme », défense virulente de son compagnon.
Situé entre la période « de l'expression » et le tournant ontologique des dernières années, le livre annonce l'exploration de la Nature et l'ontologie inachevée du Visible et l'invisible.
Il demeure, aux côtés d'Humanisme et terreur, l'un des textes majeurs de la pensée politique française de l'après-guerre.
Maurice Merleau-Ponty (Rochefort, 1908 — Paris, 1961) fut l'un des principaux philosophes français du XXe siècle.
Ancien élève de l'École normale supérieure et agrégé de philosophie, docteur ès lettres en 1945 avec la Phénoménologie de la perception, il enseigna à la Sorbonne avant d'être élu en 1952 au Collège de France, dont il fut le plus jeune titulaire de la chaire de philosophie.
Membre fondateur du comité directeur des Temps Modernes aux côtés de Sartre et de Beauvoir, il s'en éloigna au début des années 1950 pour des raisons politiques.
Après La Structure du comportement (1942) et la Phénoménologie de la perception, son œuvre s'orienta vers une philosophie de l'expression puis vers une nouvelle ontologie, restée inachevée à sa mort brutale en 1961.