Chef-d’œuvre de la prose d’idées classique, les Entretiens d’Ariste et d’Eugène du père Dominique Bouhours déploient six conversations mondaines — sur la mer, la langue française, le secret, le bel esprit, le « je ne sais quoi » et les devises — où se cristallise l’idéal de clarté et de délicatesse du goût français. Dans la trajectoire de l’auteur, c’est le premier grand succès de ce jésuite grammairien, qui prolongera la réflexion dans La Manière de bien penser (1687). Dans l’arc historique, Bouhours recueille l’héritage de Vaugelas et de l’idéal de l’« honnête homme » pour le transmettre au classicisme de Boileau et de La Bruyère, tandis que sa forme dialoguée annonce le succès de l’entretien de vulgarisation qu’illustrera Fontenelle en 1686. Cet exemplaire relève de la lignée amstellodamoise « chez Jacques le Jeune » (filière elzévirienne), tirage daté 1682 conservant le frontispice gravé de 1671.
| Auteur | Dominique Bouhours (ouvrage publié anonymement ; l'auteur n'est pas nommé sur la page de titre) |
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| Illustrateur | Frontispice gravé signé en bas à gauche, sous les pieds du personnage — lecture « F. Salleseir » (d'après macrophotographie ; orthographe exacte à confirmer). Même planche (dessin identique) que celle des éditions amstellodamoises « chez Jacques le Jeune » : un exemplaire numérisé au frontispice daté 1671 porte la même signature au même emplacement, ce qui établit qu'elle est originale à la planche — et non l'indice d'un état regravé tardif. |
| Date & Lieu | Amsterdam — 1682 (frontispice gravé daté 1671, réemployé) |
| Imprimeur | « chez Jacques le Jeune », sur la copie imprimée à Paris (adresse d'emprunt de type elzévirien ; l'impression de 1671 sous ce nom est attribuée à Daniel Elzevier, mort en 1680 — le tirage de 1682 relève d'un successeur de la même filière) |
| Format | In-12 (petit in-12, 13,5 × 9 cm) ; 417 pp., suivies de l'explication des mots latins, grecs, italiens et espagnols des devises citées dans les entretiens, et de la table. |
| Reliure | Demi-cuir, dos lisse |
| Poids | 0.200Kg |
| État | Frontispice gravé bien conservé. Reliure demi-cuir à dos lisse (postérieure), frottements et épidermures d'usage. Rare rousseurs , coiffes de tete leger manque, coins en pieds effondrés |
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Publié pour la première fois à Paris en 1671 (Sébastien Mabre-Cramoisy), le chef-d'œuvre du père jésuite Dominique Bouhours réunit six entretiens fictifs entre deux amis sur la mer, la langue française, le secret, le bel esprit, le « je ne sais quoi » et les devises qui firent aussitôt figure de modèles d'élégance et de goût.
Héritier de Vaugelas et de l'idéal mondain de l'« honnête homme », Bouhours y fixe une doctrine de la clarté, de la pureté et de la délicatesse qui allait nourrir la sensibilité classique et compter parmi ses lecteurs Boileau et La Bruyère.
L'entretien sur les devises le plus étendu expose toute la science emblématique de son temps, ce qui vaut à l'ouvrage une place dans la bibliographie de la littérature des emblèmes.
Le succès fut européen : plus de vingt éditions parurent de 1671 au milieu du XVIIIᵉ siècle, à Paris, Grenoble, Lyon, Bruxelles et Amsterdam.
La présente édition relève de la filière amstellodamoise « chez Jacques le Jeune » — adresse elzévirienne sous laquelle Daniel Elzevier avait donné la première impression néerlandaise en 1671, ici dans un tirage daté 1682 conservant le frontispice gravé d'origine.
Par sa forme dialoguée et sa vocation de vulgarisation mondaine, l'ouvrage prépare le succès de l'entretien philosophique, dont Fontenelle offrira en 1686 l'exemple le plus fameux avec ses Entretiens sur la pluralité des mondes.
Dominique Bouhours (Paris, 1628 – Paris, 1702), jésuite, essayiste, grammairien et critique néoclassique.
Entré dans la Compagnie de Jésus à seize ans, il enseigna les lettres au collège de Clermont et la rhétorique à Tours et à Rouen, avant d'être précepteur des fils du duc de Longueville.
Autorité reconnue en matière de langue et de style, tenu pour l'héritier de Vaugelas, il exerça une influence durable sur le goût classique.
Outre les Entretiens (1671), on lui doit La Manière de bien penser dans les ouvrages d'esprit (1687), des Remarques nouvelles sur la langue française, des vies de saint Ignace et de saint François Xavier, ainsi qu'une part à la traduction française du Nouveau Testament (1686).
Il mourut à Paris en 1702.