Réédition bibliophilique majeure du célèbre Monument du Costume, publiée par Léon Conquet entre 1881 et 1883. Ce volume réunit les trois suites d’estampes — douze compositions de Freudeberg et vingt-quatre de Moreau le Jeune — gravées en réduction par Henri-Joseph Dubouchet, accompagnées du texte de Restif de la Bretonne entièrement gravé sur cuivre par L. Smith. Exemplaire n° 367 sur vergé, enrichi d’un envoi autographe signé de l’éditeur Léon Conquet (« Exemplaire offert à M. Avert / Hommage de l’éditeur / L. Conquet ») et du bulletin de souscription manuscrit original daté du 20 mars 1882. Un témoignage précieux des relations entre l’éditeur et ses souscripteurs, doublé d’un document incontournable sur les mœurs et la mode dans la haute société française du XVIIIe siècle.
« Parfaite reproduction, très rare et cotée, de ces planches célèbres, fort bien gravées ; elles ont eu un très vif succès. »
Références bibliographiques : Vicaire VI, 1069 — Colas, Bibliographie du costume, 1128-1129 — Carteret IV, 292 — Brivois, Bibliographie des ouvrages illustrés du XIXe siècle, 290-291.
Source citation : Léopold Carteret, Le Trésor du bibliophile. Livres illustrés modernes 1875 à 1945, Paris, L. Carteret, 1946-1948, t. IV, p. 292.
| Auteur | Nicolas Edme Restif de la Bretonne |
|---|---|
| Illustrateur | Jean-Michel Moreau le Jeune & Sigmund Freudeberg (dessins originaux) ; Henri-Joseph Dubouchet (gravures) |
| Date & Lieu | Paris — 1881-1883 |
| Imprimeur | L. Conquet, 5 rue Drouot, Paris. Texte gravé par L. Smith, imprimé en taille-douce par Charles Chardon. |
| Format | In-4 (285 × 200 mm), deux tomes reliés en un volume. 36 planches hors-texte sous serpentes légendées, 2 portraits-frontispices (Freudeberg d'après Mind ; Moreau le Jeune d'après Cochin), titres gravés, texte gravé sur cuivre (environ 104 pages), préface de John Grand-Carteret, notices de Philippe Burty. Tirage limité. Exemplaire n° 367, appartenant à la collection d'épreuves terminées au 4e état, tirée sur beau papier vergé filigrané au titre de l'ouvrage — papier fabriqué spécialement pour cette édition (200 exemplaires numérotés de 291 à 490). Le texte gravé a été tiré à 370 exemplaires, paraphés par l'éditeur. |
| Tirage | Tirage limité. Exemplaire n° 367, appartenant à la collection d'épreuves terminées au 4e état, tirée sur beau papier vergé filigrané au titre de l'ouvrage — papier fabriqué spécialement pour cette édition (200 exemplaires numérotés de 291 à 490). Le texte gravé a été tiré à 370 exemplaires, paraphés par l'éditeur. |
| Reliure | Demi maroquin rouge à coins, dos orné, Titre doré « Monument du Costume », papier marbré sur les plats , insolé en partie. Reliure d'époque. |
| État | Reliure solide et bien conservée. Rousseurs sur les tranches. Planches et texte gravé en bon état. Bulletin de souscription manuscrit original (lettre de L. Conquet, datée du 20 mars 1882, 5 rue Drouot) conservé dans le volume. |
| Provenance | Envoi autographe signé de l'éditeur Léon Conquet à « M. Avert » |
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Le Monument du Costume est l'un des plus célèbres recueils d'estampes du XVIIIe siècle.
Son histoire commence en 1773, lorsque le banquier strasbourgeois Jean-Henri Eberts conçoit le projet d'un recueil annuel de gravures documentant les modes et usages de la haute société parisienne. La première suite, confiée au dessinateur bernois Sigmund Freudeberg, paraît en 1775 et illustre les étapes de la journée d'une élégante. Les deux suites suivantes (1777 et 1783), d'inspiration rousseauiste, sont l'œuvre de Moreau le Jeune, qui y dépeint la maternité et les loisirs de l'aristocratie avec une précision documentaire remarquable.
En 1789, Eberts demande à Restif de la Bretonne de rédiger des textes pour accompagner ces images — démarche originale où les illustrations préexistent au texte. Le succès est considérable, mais la Révolution fait oublier ces scènes de la vie aristocratique. Il faut attendre les années 1870-1880 et la redécouverte par les frères Goncourt, Emmanuel Bocher et Henri Beraldi pour que ces estampes retrouvent leur prestige.
L'éditeur Léon Conquet, figure majeure de la bibliophilie parisienne, confie alors au graveur Dubouchet le soin de reproduire en réduction les trente-six compositions, publiées entre 1881 et 1883 dans une édition de luxe à tirage limité qui connaîtra un vif succès auprès des bibliophiles.
À propos de l'éditeur — Léon Conquet (1848–1897)
Antoine Léon Conquet, né à Espalion le 14 avril 1848, est l'un des éditeurs bibliophiliques les plus importants de la fin du XIXe siècle. Formé chez son cousin le libraire Rouquette, puis chez Garrousse, il fonde en 1880 sa propre librairie au 5 rue Drouot à Paris. Premier libraire-détaillant à entreprendre l'édition de luxe proprement dite, il devient le libraire attitré de la Société des « Amis des Livres ». Ses éditions, saluées pour leur perfection typographique et la qualité de leurs illustrations gravées, sont recherchées par les plus grands collectionneurs de son temps. Il publie notamment les gravures de Dubouchet, Leloir, Giacomelli et Lepère, et édite à partir de 1885 l'ouvrage de référence de Beraldi, Les Graveurs du XIXe siècle. Il meurt à Paris le 17 décembre 1897, à quarante-neuf ans. Son successeur Léopold Carteret perpétuera ses traditions.
Jean-Michel Moreau le Jeune (1741–1814) — Graveur et dessinateur français, dessinateur des Menus-Plaisirs du Roi, reconnu pour la finesse et la précision documentaire de ses scènes de la vie parisienne. Ses compositions pour le Monument du Costume constituent l'un des sommets de l'estampe de mode au XVIIIe siècle.
Sigmund Freudenberger, dit Freudeberg (1745–1801) — Dessinateur et graveur bernois, auteur de la première suite d'estampes (1775), représentant les amusements et la toilette d'une élégante parisienne.
Henri-Joseph Dubouchet (1833–1909) — Graveur français au burin, chargé par Conquet de reproduire en réduction les trente-six compositions originales.
Son travail est unanimement salué pour sa fidélité et sa perfection technique.