Publié à Paris en 1853 chez Giraud et Dagneau, cet ouvrage de Charles Monselet constitue une étude vivante et documentée du premier Tribunal révolutionnaire, institué au lendemain des journées du 10 août 1792 et chargé de juger les crimes politiques dans un contexte d’effondrement de la monarchie. Mêlant récit historique, portraits, anecdotes et extraits de pièces judiciaires, Monselet examine la courte période qui précède la grande Terreur de 1793–1794, éclairant ainsi les origines d’une justice d’exception dont les mécanismes demeurent mal connus. L’exemplaire se distingue par la présence de coupures de journaux anciens reliées par un ancien propriétaire en lien avec la thématique révolutionnaire, constituant un dossier documentaire d’époque ultérieure qui enrichit considérablement la valeur historique du volume. Édition originale, première et unique connue sous ce titre précis.
| Auteur | Charles Monselet |
|---|---|
| Date & Lieu | Paris, 1853 |
| Imprimeur | Giraud et Dagneau |
| Format | In-8°, 319 pages + table |
| Reliure | Demi-cuir blanc, dos à nerfs orné de filets et titre doré dans les caissons |
| État | Intérieur jauni en marges, quelques rousseurs ; extérieur avec traces d'usage modérées ; exemplaire enrichi de coupures de presse anciennes reliées |
| Provenance | Ancien propriétaire non identifié ayant enrichi l'exemplaire de coupures de journaux en lien avec la thématique révolutionnaire. |
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Le Tribunal révolutionnaire du 17 août 1792 est distinct du tribunal homonyme créé en mars 1793, avec lequel on le confond parfois. Institué par l'Assemblée législative au lendemain de la prise des Tuileries et de la suspension de Louis XVI, il est chargé de juger les crimes de lèse-nation dans un contexte d'urgence politique extrême. Son existence est brève — du 17 août au 29 novembre 1792 — mais symboliquement fondatrice : il inaugure le principe d'une justice politique exceptionnelle, distincte des tribunaux ordinaires, qui trouvera son prolongement et son paroxysme avec le grand Tribunal révolutionnaire de l'An II. L'ouvrage de Monselet paraît en 1853, sous le Second Empire naissant, dans un contexte historiographique marqué par un intérêt renouvelé pour les épisodes dramatiques de la Révolution française. La génération des historiens romantiques — Michelet, Lamartine, Thiers — avait ouvert la voie à une histoire narrative et anecdotique de la Révolution, accessible au grand public cultivé. Monselet s'inscrit dans cette tradition tout en apportant un éclairage documentaire sur une institution peu étudiée, à mi-chemin entre l'histoire judiciaire et la chronique politique.
Charles Monselet (Nantes, 1825 – Paris, 1888) est un écrivain, journaliste et gastronome français, figure pittoresque du monde des lettres sous le Second Empire et la Troisième République. Collaborateur de nombreuses revues et journaux parisiens — notamment Le Figaro, Le Mousquetaire d'Alexandre Dumas et La Vie parisienne —, il est l'auteur d'une œuvre abondante mêlant chroniques littéraires, souvenirs, biographies et études historiques. Son intérêt pour la Révolution française se manifeste dès ses premiers travaux, dans lesquels il adopte un style narratif vivant, attentif aux détails humains et anecdotiques. Il est également connu pour ses écrits gastronomiques, notamment De Montmartre à Séville et La Cuisinière poétique. L'Histoire anecdotique du Tribunal révolutionnaire, publiée à vingt-huit ans, témoigne de sa capacité à croiser sources judiciaires et récit accessible pour un public non spécialisé.