Édition originale posthume et unique de l’histoire de Milan par Andrea Alciati, publiée à Milan en 1625, soit soixante-quinze ans après la mort de son auteur, à partir du manuscrit autographe conservé à la Bibliotheca Ambrosiana. Rédigée vers 1504–1506 à l’instigation de l’humaniste Janus Parrhasius, cette œuvre de jeunesse retrace en latin classique l’histoire antique et médiévale de la patrie milanaise en quatre livres, selon une méthode résolument novatrice qui mêle philologie, épigraphie et critique des sources. Le frontispice gravé en taille-douce par Giovanni Pietro Bianco, orné d’un portrait de l’auteur en médaillon et de figures allégoriques, fait de ce volume l’un des plus beaux témoins de l’imprimerie milanaise du premier quart du XVIIe siècle. Répertorié par Lozzi (n° 2591) et Predari (p. 115), il demeure d’une insigne rareté sur le marché bibliophilique.
« Patriam quam quisque colit, hanc primam habet, et proximam. »
Andrea Alciati, Rerum patriae libri IIII, Mediolani, apud Io. Bapt. Bidelli, 1625 — formule tirée du contexte général de l'œuvre ; attribution à vérifier sur l'exemplaire.
| Auteur | Andrea Alciati (Andreas Alciatus) |
|---|---|
| Date & Lieu | Milan (Mediolani), 1625 |
| Imprimeur | Apud Ioannem Baptistam Bidellius |
| Format | In-8° (17,4 × 12 cm), [16] + 244 [+ 4 blanches] pages, frontispice gravé en taille-douce |
| Reliure | Vélin d'époque, dos lisse, titre manuscrit au dos |
| État | Intérieur frais ; petit trou au dos ; petit manque au coin supérieur du plat arrière ; état général très satisfaisant pour l'âge |
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Lorsque Andrea Alciati rédige les Rerum patriae libri vers 1504–1506, il n'a guère plus de quatorze ans — prodige précoce formé au droit romain et à la philologie humaniste dans le milieu intellectuel milanais. L'ouvrage s'inscrit dans un mouvement plus large de redécouverte des patriae antiquitates propre aux humanistes italiens du Quattrocento et du premier Cinquecento : à l'instar de Flavio Biondo pour Rome ou de Leonardo Bruni pour Florence, Alciati entreprend de reconstituer l'histoire de Milan à partir des sources épigraphiques, littéraires et archéologiques, substituant à la compilation médiévale une méthode critique fondée sur le retour aux textes originaux. Le manuscrit, non publié du vivant de l'auteur, fut conservé à la Bibliotheca Ambrosiana de Milan — fondée par le cardinal Federico Borromeo en 1609 — et servit de base à la présente édition princeps, établie et publiée par l'imprimeur Giovanni Battista Bidelli, actif à Milan dans les premières décennies du XVIIe siècle. La dédicace à Matteo Valerio, procureur de la chartreuse de Pavie, atteste du réseau de mécénat ecclésiastique qui rendit possible cette publication tardive. Pour Re-Bis, ce volume représente une pièce de choix : Alciati est également le père des Emblemata (1531), recueil fondateur de la tradition emblématique europénne, dont la dimension symbolique et ésotérique nourrira deux siècles de littérature hermétique et alchimique.
Andrea Alciati (Alzate Brianza, 8 mai 1492 – Pavie, 12 janvier 1550), juriste et humaniste milanais, est considéré comme le fondateur de l'humanisme juridique et de l'école dite mos gallicus — méthode d'interprétation du droit romain par l'histoire, la philologie et les lettres de l'Antiquité, en rupture avec la scolastique des glossateurs médiévaux. Professeur de droit à Avignon, Bourges, Milan, Bologne et Ferrare, il entretint des liens étroits avec Érasme, Budé et les principaux cercles humanistes européens. Son œuvre principale, les Emblemata (1531), recueil de 212 emblèmes associant gravure, devise et épigramme latine, fonda un genre littéraire et symbolique dont l'influence sur la pensée hermétique et alchimique de la Renaissance fut considérable. Les Rerum patriae libri IIII, œuvre historique de jeunesse restée manuscrite de son vivant, complètent le portrait d'un esprit encyclopédique où droit, histoire et littérature sont indissociables.