Imprimé à Lyon en 1542 par Jacques Giunta, membre de la grande dynastie typographique florentine des Giunti, ce Praesumptionum Tractatus — souvent désigné sous le titre Aureus en raison de son autorité doctrinale — constitue l’une des contributions les plus importantes d’Andrea Alciati à la science juridique de la Renaissance. Professeur à Bourges, Alciati y développe avec rigueur les principes des présomptions en droit civil, question fondamentale dans l’art de la preuve à une époque où la méthode philologique humaniste commence à transformer en profondeur l’étude des sources romaines. L’exemplaire, relié en plein vélin d’époque avec titre manuscrit au dos, est sain et complet de ses 562 pages et de son important index, représentatif de la qualité des productions juridiques lyonnaises du XVIe siècle. Une pièce de référence pour toute collection consacrée à l’humanisme juridique et à l’histoire du droit civil.
| Auteur | Andrea Alciati (Alciato) |
|---|---|
| Date & Lieu | Lyon (Lugdunum), 1542 |
| Imprimeur | Jacques Giunta |
| Format | In-8°, 562 pages + important index |
| Reliure | Plein vélin d'époque, titre manuscrit au dos, lettrines gravées |
| État | Traces d'usage à la reliure, quelques feuillets légèrement jaunis, petite auréole claire en marge de l'index sans atteinte au texte ; exemplaire sain et solide |
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Le Praesumptionum Tractatus d'Alciati s'inscrit dans le mouvement de l'mos gallicus — la méthode française d'interprétation du droit romain —, qui s'oppose au XVIe siècle à l'mos italicus médiéval en cherchant à restituer les textes juridiques romains dans leur contexte historique et philologique. Alciati, formé en Italie puis actif en France à Avignon, Milan et surtout Bourges, est considéré comme le principal fondateur de cette école humaniste. À Bourges, il forme une génération entière de juristes européens, parmi lesquels Jacques Cujas, Hugues Doneau et Calvin. Son Praesumptionum Tractatus, qui porte sur la théorie des présomptions — mécanisme central du droit de la preuve permettant de suppléer l'absence de certitude par le raisonnement —, fut rapidement reconnu comme un texte d'autorité. L'édition lyonnaise de 1542, produite par les Giunta, famille d'imprimeurs d'origine florentine établie à Lyon et à Venise, témoigne du rôle central de Lyon comme capitale de l'édition juridique humaniste française au XVIe siècle. La ville, carrefour commercial et intellectuel entre l'Italie et le nord de l'Europe, accueillit les principales officines spécialisées dans la diffusion des textes de droit romain revisités par les humanistes.
Andrea Alciati (Alzate Brianza, 1492 – Pavie, 1550), connu en latin sous le nom d'Andreas Alciatus, est un juriste, humaniste et poète lombard, considéré comme le fondateur de l'école humaniste du droit, dite mos gallicus. Formé au droit à Pavie et à Bologne, il enseigne successivement à Avignon (1518), Milan, Bourges (1529–1533), Pavie, Ferrare et de nouveau Pavie. Son séjour à Bourges est décisif pour la formation de la doctrine juridique française du XVIe siècle. Parallèlement à ses travaux juridiques, il est l'auteur des célèbres Emblemata (1531), premier recueil d'emblèmes de la littérature européenne, qui connaîtra plus de 150 éditions et exercera une influence considérable sur la littérature symbolique de la Renaissance. Son œuvre juridique, qui comprend des commentaires sur le Corpus juris civilis, des traités et des consultations, témoigne d'une maîtrise rare de la philologie classique au service de l'interprétation du droit romain.