Publié à Paris entre 1869 et 1878 par l’Imprimerie et Librairie Générale de Jurisprudence Cosse, Marchal et Cie, cette quatrième édition revue et complétée du Cours de droit civil français d’Aubry et Rau est considérée comme la plus aboutie des versions successives de ce traité monumental. Initialement inspiré de la méthode du professeur allemand Karl Salomo Zachariae de Heidelberg, l’ouvrage s’en est progressivement émancipé pour devenir le traité de référence du droit civil français au XIXe siècle, alliant rigueur conceptuelle et fidélité à l’esprit du Code Napoléon. En huit volumes in-8° en reliures demi-cuir d’époque homogènes, l’ensemble est complet et solide, représentatif de la grande tradition de l’édition juridique parisienne sous le Second Empire et la Troisième République naissante. Un instrument de travail devenu pièce de collection pour les amateurs de doctrine juridique classique.
| Auteur | Charles Aubry et Charles Rau |
|---|---|
| Date & Lieu | Paris, 1869–1878 |
| Imprimeur | Imprimerie et Librairie Générale de Jurisprudence Cosse, Marchal et Cie |
| Format | In-8° (13,5 × 22,2 cm), 8 volumes — pagination : 626, 543, 552, 784, 652, 745, 559, 516 pages |
| Reliure | Demi-cuir d'époque, dos lisses ornés de filets dorés, titres et tomaisons dorés — reliures homogènes |
| État | Ensemble complet en reliures d'époque homogènes ; usure conforme à l'usage ; exemplaire solide et décoratif |
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Le Cours de droit civil français d'Aubry et Rau s'inscrit dans le mouvement de scientifisation de la doctrine juridique française au XIXe siècle. La promulgation du Code civil en 1804 avait créé un besoin urgent de commentaires systématiques capables d'en dégager la logique interne et d'en combler les lacunes. La méthode importée de Heidelberg par Karl Salomo Zachariae proposait une approche déductive et construite du droit civil, rompant avec le commentaire exégétique article par article alors dominant en France. Aubry et Rau, tous deux professeurs à la faculté de droit de Strasbourg — ville carrefour entre les cultures juridiques française et allemande —, adaptèrent et développèrent cette méthode en un système autonome. Leur traité introduit notamment la théorie du patrimoine comme attribut de la personnalité juridique, concept fondateur qui marqua durablement la doctrine civiliste française et dont l'influence se perçoit encore dans le droit positif contemporain. La quatrième édition, publiée entre 1869 et 1878, paraît dans un contexte de profonde transformation institutionnelle : la défaite de 1870, la perte de l'Alsace-Moselle et l'avènement de la Troisième République reconfigurent le paysage juridique et universitaire français, sans entamer le prestige d'un traité que les tribunaux continuaient de citer comme autorité doctrinale de premier rang.
Charles Aubry (Sarreguemines, 1803 – Paris, 1883) et Charles Rau (Strasbourg, 1803 – Strasbourg, 1877) forment l'un des duos doctrinaux les plus célèbres de l'histoire du droit français. Tous deux professeurs à la faculté de droit de Strasbourg, ils consacrent l'essentiel de leur carrière à l'élaboration et au perfectionnement de leur Cours de droit civil, dont la première édition paraît en 1838. Aubry, qui deviendra doyen de la faculté, est également conseiller à la Cour de cassation. Leur collaboration intellectuelle, qui s'étend sur plus de quarante ans, produit quatre éditions successives, chacune enrichie et refondue. La théorie du patrimoine qu'ils développent — selon laquelle tout patrimoine suppose une personne et toute personne a nécessairement un patrimoine — demeure l'une des constructions doctrinales les plus citées et les plus discutées de la civilistique française. Une cinquième édition posthume, considérablement remaniée par Rau et poursuivie par d'autres, paraîtra à partir de 1897.