Édition bibliophilique du texte fondateur de la philosophie moderne, publiée en 1976 par Le Club du Livre de Philippe Lebaud dans la collection « Gravure contemporaine » et illustrée de vingt lithographies originales en couleurs de Georges Rohner, de l’Académie des beaux-arts, tirées sur les presses de Fernand Mourlot. Paru à Leyde en 1637 comme préface à la Dioptrique, aux Météores et à la Géométrie, le Discours est le premier grand texte philosophique écrit en français ; il est ici suivi de l’Entretien avec Burman, conversation de 1648 où Descartes commente librement ses propres œuvres, dans la traduction de Charles Adam, qui en avait découvert le manuscrit à Göttingen. Dans la trajectoire de l’auteur, le Discours livre sous forme d’autobiographie intellectuelle la méthode élaborée depuis les Regulae et annonce les Meditationes (1641) ; dans l’arc de la philosophie, il prolonge l’écriture à la première personne des Essais de Montaigne et nourrit aussi bien la Logique de Port-Royal (1662) que, trois siècles plus tard, les Méditations cartésiennes de Husserl. Exemplaire de tête, un des vingt sur Japon nacré, signé par l’artiste et accompagné de la double suite des lithographies, chaque planche signée.
« Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée. »
René Descartes, Discours de la méthode, Leyde, Jan Maire, 1637, première partie (orthographe modernisée).
| Auteur | René Descartes ; Entretien avec Burman traduit par Charles Adam |
|---|---|
| Illustrateur | Georges Rohner |
| Date & Lieu | Paris — 1976 |
| Imprimeur | Le Club du Livre, Philippe Lebaud éditeur, collection « Gravure contemporaine ». Texte imprimé par Pierre Jean Mathan ; lithographies tirées par Fernand Mourlot. |
| Format | In-folio (décrit in-4 par certains libraires : env. 33 × 26 cm), env. 190 pp., 20 lithographies originales en couleurs hors texte. Volume accompagné d'une suite séparée des illustrations : 40 planches lithographiées (20 sur papier d'Auvergne et 20 sur vélin de Rives).Absence de la gouache originale, |
| Tirage | Tirage limité à 300 exemplaires numérotés, plus quelques exemplaires hors commerce. Celui-ci un des vingt exemplaires de tête sur Japon nacré, n° 16/300, signé par Georges Rohner. Absence de la gouache originale |
| Reliure | Plein maroquin havane (reliure d'éditeur), plats à décor géométrique estampé noir et brun rehaussé de filets dorés, dos lisse au titre en noir, tête dorée. Le volume et la suite conservés séparément dans un emboîtage de toile brune, dos de cuir havane au titre doré. |
| Poids | 5.340Kg |
| État | Ensemble complet des quarante planches de la suite, toutes signées par l'artiste. Manque la gouache originale annoncée pour les exemplaires de tête. Légères griffures à la reliure, dos insolés. Bon état général. |
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Publié anonymement à Leyde, chez Jan Maire, en 1637, le Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences servait de préface à trois essais scientifiques la Dioptrique, les Météores et la Géométrie. Écrit en français pour être lu « même des femmes » et de ceux qui n'usent que de leur raison naturelle, il retrace l'itinéraire intellectuel de son auteur, énonce les quatre préceptes de la méthode, la morale par provision, puis le cogito qui fonde l'édifice métaphysique.
L'Entretien avec Burman éclaire ce texte d'un jour singulier : le 16 avril 1648, à Egmond, le jeune Frans Burman interrogea Descartes sur des passages difficiles des Méditations, des Principes et du Discours ; ses notes, transmises à Johannes Clauberg, ne survivent que dans une copie anonyme découverte en 1895 à la bibliothèque de Göttingen et publiée l'année suivante par Charles Adam.
Le philosophe y parle avec une liberté que l'on chercherait vainement dans ses ouvrages imprimés.
Associer ces deux textes, c'est confronter l'exposé public de la méthode à sa glose orale.
L'édition du Club du Livre s'inscrit dans la tradition française du livre de peintre de grand luxe : texte composé par Pierre Jean Mathan, lithographies tirées chez Fernand Mourlot, l'atelier de Picasso, Matisse et Chagall, et palette rigoureuse de Rohner, peintre de la construction et de la géométrie, en affinité naturelle avec l'esprit cartésien.
René Descartes (La Haye en Touraine, 1596 – Stockholm, 1650), formé au collège jésuite de La Flèche, s'établit en 1628 aux Provinces-Unies, où il publia le Discours de la méthode (1637), les Meditationes de prima philosophia (1641), les Principia philosophiae (1644) et Les Passions de l'âme (1649).
Appelé par la reine Christine, il mourut à Stockholm en février 1650.
Charles Adam (1857–1940), philosophe et historien de la philosophie, recteur de l'académie de Nancy, édita avec Paul Tannery les Œuvres de Descartes (1897–1913), édition de référence dite « Adam-Tannery ».
Georges Rohner (Paris, 1913 – Lannion, 2000), élève de Lucien Simon à l'École des beaux-arts de Paris, participa de 1935 à 1939 au groupe « Forces nouvelles » avec Humblot, Jannot et Lasne, en réaction contre l'abstraction.
Peintre réaliste nourri d'Ingres, de Philippe de Champaigne et de Chardin, mais aussi de Mondrian, il enseigna à l'École des beaux-arts puis aux Arts décoratifs et fut élu en 1968 à l'Académie des beaux-arts, au fauteuil d'Edmond Heuzé.