Publiée à Paris en 1771 chez Tilliard, cette édition originale en trois volumes constitue la première traduction occidentale du Zend-Avesta, texte sacré du zoroastrisme. Abraham-Hyacinthe Anquetil du Perron, après un séjour de plusieurs années en Inde pour y étudier les manuscrits avestiques auprès des prêtres parsis, livra à l’Europe savante un corpus jusqu’alors inaccessible : Yasna, Visperad et Vendidad, accompagnés de dissertations critiques sur la langue zend et la théologie mazdéenne. L’ouvrage fonde en grande partie la science orientaliste française et ouvre la voie à la philologie comparée des langues indo-européennes. Il demeure, pour les collectionneurs et les historiens des religions, un jalon irremplaçable de l’histoire intellectuelle du XVIIIe siècle.
« Zoroastre n'a point prétendu créer une religion nouvelle ; il a voulu rappeler les hommes à la religion primitive, à la religion naturelle. »
Anquetil du Perron, Abraham-Hyacinthe — Zend-Avesta, ouvrage de Zoroastre, Tilliard, Paris, 1771, Discours préliminaire.
| Auteur | Abraham-Hyacinthe Anquetil du Perron |
|---|---|
| Date & Lieu | Paris, 1771 |
| Imprimeur | Tilliard |
| Format | In-4°, trois volumes |
| Reliure | Reliures d'époque dépareillées : deux volumes en plein cuir marbré, un volume en veau blond — dos à nerfs ornés, pièces de titre conservées |
| État | Exemplaire complet, épidermures, coins émoussés, petites fentes d'usage ; quelques rousseurs et légères mouillures dans les volumes II et III ; intérieur très frais et sain |
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La parution du Zend-Avesta en 1771 représente un événement majeur dans l'histoire de l'orientalisme européen. Avant Anquetil du Perron, les textes sacrés de la religion zoroastrienne — fondée sur la révélation du prophète Zarathoustra, que les Grecs nommaient Zoroastre — n'étaient connus en Occident qu'à travers des fragments tardifs et des témoignages indirects. La langue avestique elle-même, proche du sanskrit védique, était totalement inconnue des savants européens. Anquetil du Perron séjourna en Inde de 1755 à 1761, apprenant la langue zend auprès des prêtres parsis de Surate, héritiers vivants de la tradition mazdéenne. De retour en France, il passa une décennie à mettre en ordre et traduire les manuscrits rapportés. L'ouvrage, structuré en deux parties et trois volumes in-4°, comprend non seulement la traduction du corpus liturgique — Yasna, Visperad, Vendidad — mais aussi des dissertations savantes sur la cosmogonie, l'eschatologie et les rites purificatoires zoroastriens. Sa publication suscita des controverses immédiates, notamment de la part de William Jones, mais elle imposa durablement l'Avesta dans le champ des études comparatives, préparant les travaux ultérieurs d'Eugène Burnouf et de la philologie indo-européenne du XIXe siècle.
Abraham-Hyacinthe Anquetil du Perron (Paris, 1731 – Paris, 1805) est l'un des fondateurs de l'orientalisme scientifique français. Formé en langues orientales à Paris, il s'embarque en 1754 pour l'Inde, où il séjourne sept ans afin d'étudier les manuscrits avestiques auprès des communautés parsis de Surate. De retour en France, il publie en 1771 le Zend-Avesta, première traduction occidentale du texte sacré zoroastrien, puis en 1786 une traduction latine des Upanishads à partir d'une version persane — les Oupnek'hat —, qui exercera une influence notable sur Schopenhauer. Membre de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Anquetil du Perron est également l'auteur de travaux sur la législation orientale et la géographie de l'Inde ancienne.