Traité majeur sur les pouvoirs de l’imagination dans leurs rapports avec le corps, le De Viribus Imaginationis Tractatus de Thomas Fienus constitue l’un des textes les plus audacieux de la médecine philosophique du premier XVIIe siècle. Fienus y soutient que l’imagination est une puissance réelle, capable d’agir sur la matière corporelle — thesis que résume sa formule : imaginatio potest mutare corpus. L’ouvrage s’inscrit dans la production embryologique de Fienus, dont le De formatrice foetus (1620) prolonge les mêmes questionnements sur la formation du vivant et l’animation du fœtus. Dans l’arc plus large de la philosophie naturelle, Fienus prend appui sur Galien, Avicenne et la tradition aristotélicienne, tout en s’ouvrant aux courants paracelsiens que patronnait Ernest de Bavière, dédicataire de la première édition. Ce traité nourrit directement les débats ultérieurs sur la vis imaginativa chez des auteurs comme Marin Cureau de la Chambre et, plus tard, les théoriciens du magnétisme animal au XVIIIe siècle. La présente édition, dite editio postrema, est l’impression elzévirienne de 1635 — la plus connue et la plus diffusée —, remarquable par son format de poche caractéristique de la collection et par la marque typographique à l’arbre (Non Solus) de la célèbre officine leydoise.
| Auteur | Thomas Fienus (Feyens ou Fyens, 1567–1631) |
|---|---|
| Illustrateur | Marque typographique de l'Officine Elsevirienne — arbre Non Solus — gravée sur bois |
| Date & Lieu | Leiden — 1635 |
| Imprimeur | Ex Officinâ Elseviriana |
| Format | In-12 (11,5 × 6 cm), 377 pp. + [7] pp. d'index |
| Reliure | Plein vélin à petits rabats de l'époque |
| État | Plein vélin à petits rabats d'époque. Dos manuscrit à l'encre (Fien. de Vir. Imag.) avec fleuron estampé, usage caractéristique des petits formats elzéviriens sans pièce de titre rapportée. Jaunissement et taches d'usage sur les plats ; dos intact, sans fente ni déchirure. petits troues aux mors |
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Le De Viribus Imaginationis Tractatus paraît pour la première fois à Louvain en 1608, chez Gérard Rivius, dédié au prince Ernest de Bavière, archevêque de Cologne et prince-évêque de Liège, mécène alors reconnu des sciences nouvelles et de la médecine paracelsienne.
Fienus y pose la question, centrale dans la médecine de la Renaissance, des effets de l'imagination sur le corps : peut-elle modifier le fœtus, guérir ou provoquer des maladies ? Ancré dans la tradition galénique et aristotélicienne, l'ouvrage intègre néanmoins des apports de la philosophie naturelle contemporaine et de la tradition hermétique, ce qui valut à Fienus la faveur d'un prince ouvert à l'alchimie. La thèse centrale — l'imagination comme force transformatrice du corps s'inscrit dans une longue lignée qui remonte à Avicenne et à Albert le Grand, mais Fienus lui confère une rigueur scholastique inédite en articulant quaestiones et conclusiones à la manière des disputations universitaires.
L'édition elzévirienne de 1635 (editio postrema) assure au traité une large diffusion européenne grâce au réseau commercial de la maison Elsevier et à son format portatif caractéristique (Willems 423 ; Goldsmid II 46).
Ce texte constitue une source de premier ordre pour l'histoire de la psychologie médicale et alimenta, aux XVIIe et XVIIIe siècles, les débats sur la vis imaginativa, l'influence maternelle sur l'embryon, et plus tard les théories du magnétisme animal.
Thomas Fienus (né Feyens ou Fyens) naquit en 1567 à Anvers et mourut à Louvain en mars 1631.
Fils du médecin Johannes Fienus, il effectua sa formation à Leyde auprès de Rembert Dodoens et de Forestus, puis à Bologne sous Jérôme Mercurialis.
De retour aux Pays-Bas, il occupa la première chaire de médecine de l'université de Louvain jusqu'à sa mort.
Auteur prolifique, il publia notamment le De formatrice foetus (1620), où il soutient que l'âme rationnelle est infusée dès le troisième jour de la conception — thèse qui suscita de vives controverses. Médecin personnel des ducs de Belgique et de Bavière, il jouit d'une réputation européenne et se vit offrir une chaire à Bologne avec d'importants émoluments, qu'il déclina pour demeurer à Louvain.
Le De Viribus Imaginationis est son œuvre la plus connue et la plus rééditée.