Témoignage de première main sur l’une des figures centrales de l’occultisme fin-de-siècle, ce volume rassemble les souvenirs d’Oswald Wirth, secrétaire, ami et collaborateur de Stanislas de Guaita de 1887 à la mort du « rénovateur de l’occultisme » en 1897. Publié dans la collection « L’Occultisme vécu », l’ouvrage restitue de l’intérieur la vie du cénacle rosicrucien parisien : la bibliothèque légendaire de l’avenue Trudaine, la fondation de l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, les relations avec Papus et Péladan, la « guerre des deux roses ». Dans la trajectoire de Wirth — dessinateur du célèbre Tarot conçu sous la direction de Guaita (1889), puis auteur du classique Le Tarot des imagiers du Moyen Âge (1926) et animateur de la revue Le Symbolisme — ce livre constitue l’hommage de la maturité au maître qui le forma. Dans l’arc historique, il prolonge les Souvenirs de Maurice Barrès sur Guaita (1898) et demeure, avec le catalogue Dorbon de la bibliothèque Guaita (1899), une source primaire irremplaçable pour toute l’historiographie ultérieure de l’occultisme français.
« L'entrée en relation avec Stanislas de Guaita devint pour moi un événement capital. Il fit de moi son ami, son secrétaire, et son collaborateur. »
Oswald Wirth, Stanislas de Guaita, souvenirs de son secrétaire, Paris, Éditions du Symbolisme, 1935.
| Auteur | Oswald Wirth |
|---|---|
| Date & Lieu | Paris — 1935 |
| Imprimeur | Éditions du Symbolisme (collection « L'Occultisme vécu ») |
| Format | In-12 carré (19 × 14,5 cm), 265 pp., planches hors texte |
| Reliure | Broché, couverture éditeur |
| État | Bon exemplaire broché ; ex-libris Michel Collée |
| Provenance | Ex-libris Michel Collée. |
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Lorsque paraît ce volume en 1935, près de quarante ans ont passé depuis la mort de Stanislas de Guaita (1861–1897), poète lorrain, ami d'enfance de Maurice Barrès, kabbaliste et bibliophile dont la collection occulte de plus de deux mille volumes fut dispersée par la librairie Dorbon en 1898–1899.
Oswald Wirth, entré à son service en 1887, fut le témoin privilégié de cette décennie flamboyante : c'est sous la direction de Guaita qu'il dessina le tarot destiné à l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, fondé en 1888 avec Papus, Joséphin Péladan et quelques autres.
Guaita, qui ne fut jamais franc-maçon, en assuma la grande maîtrise et siégea en outre au Suprême Conseil de l'Ordre Martiniste de Papus ; c'est dans la bibliothèque de Guaita qu'il se forma à la Kabbale, à la haute métaphysique et, de son propre aveu, à la langue française.
Ses souvenirs, publiés aux Éditions du Symbolisme maison liée à la revue maçonnique qu'il dirigeait, offrent un portrait intime du « rénovateur de l'occultisme » : le travailleur acharné des Essais de Sciences Maudites, l'adversaire de l'abbé Boullan dans la retentissante « guerre des mages », le bibliophile dont les provenances sont aujourd'hui parmi les plus recherchées du marché ésotérique. On reprocha du reste à Guaita, selon les camps, tantôt d'être demeuré l'homme de l'ora — le kabbaliste en chambre, absorbé par la doctrine et les livres — sans passer au labora, tantôt à l'inverse de défendre la magie opérative, grief qui provoqua la rupture avec Péladan : tension que le témoignage de Wirth permet au lecteur d'apprécier par lui-même. Source primaire majeure, ce témoignage nourrit depuis toute l'historiographie de l'occultisme fin-de-siècle.
Oswald Wirth (Brienz, 1860 – Mouterre-sur-Blourde, 1943), franc-maçon et occultiste suisse établi en France, fut initié en loge en janvier 1884 à Châlons-sur-Marne, durant son service militaire, avant de rejoindre la Grande Loge de France à son installation à Paris et de devenir, en 1887, le secrétaire et l'ami de Stanislas de Guaita, qu'il assista jusqu'à sa mort. Dessinateur du tarot conçu pour l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix (1889), il consacra ensuite son œuvre au symbolisme initiatique : Le Symbolisme hermétique dans ses rapports avec l'alchimie et la Franc-Maçonnerie, La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, et surtout Le Tarot des imagiers du Moyen Âge (1926), devenu un classique. Fondateur et animateur de la revue Le Symbolisme, il exerça un durable magistère intellectuel sur la maçonnerie française de la première moitié du XXᵉ siècle.