Œuvre maîtresse de Stanislas de Guaita, Le Serpent de la Genèse constitue la somme kabbalistique et magique la plus ambitieuse de l’occultisme français fin-de-siècle. Cet ensemble en deux forts volumes réunit les deux premières septaines du grand œuvre : Le Temple de Satan, anatomie de la sorcellerie et de ses avatars modernes, et La Clef de la Magie Noire, interprétation « scientifique » des phénomènes du mysticisme déviant, le tout ordonné selon les vingt-deux arcanes du Tarot. Dans la trajectoire de Guaita, poète venu de Baudelaire (La Muse noire, 1883) converti aux sciences occultes, l’ouvrage prolonge Au Seuil du Mystère (1886) et demeure inachevé par sa mort précoce — la troisième septaine, Le Problème du Mal, ne paraîtra que grâce à son disciple Oswald Wirth. Héritier direct d’Éliphas Lévi, dont il systématise le magisme, Guaita nourrit par cette œuvre tout l’occultisme de la Belle Époque, de Papus à l’Ordre kabbalistique de la Rose-Croix qu’il fonda en 1888 avec Péladan. L’édition Durville, illustrée, fixe le texte dans sa forme la plus complète.
« Au sens vulgaire — familier à tous ceux que la Science divine ne compte pas au nombre de ses adeptes —, le Serpent de la Genèse symbolise le Diable, l'Esprit du mal personnifié dans Satan. »
Stanislas de Guaita, Le Serpent de la Genèse, Première septaine : Le Temple de Satan, Paris, Hector & Henri Durville, chap. I « Le Diable » (incipit).
| Auteur | Stanislas de Guaita |
|---|---|
| Illustrateur | Nombreuses figures in texte et hors-texte (plusieurs traditionnellement attribuées à Oswald Wirth, secrétaire et disciple de l'auteur ) |
| Date & Lieu | Paris — 1916–1920 |
| Imprimeur | Henri Durville |
| Format | In-8 (23 × 15 cm), deux volumes brochés : tome I, 1916, 573 pp. ; tome II, 1920, 847 pp. |
| Tirage | L'ensemble Durville 1916–1920 réunit les deux premières septaines du Serpent de la Genèse : tome I, Le Temple de Satan (Première septaine, réédition du texte original de 1891, Librairie du Merveilleux) ; tome II, La Clef de la Magie Noire (Seconde septaine, réédition augmentée du texte original de 1897, portée à 847 pages). La numérotation « Livre I / Livre II » figurant aux pages de titre conduit certains catalogues à décrire l'ensemble sous la seule mention « Première septaine ». La troisième septaine, Le Problème du Mal, laissée inachevée à la mort de l'auteur, fut complétée par Oswald Wirth et ne parut que bien plus tard, par les soins de Marius Lepage. |
| Reliure | Brochés, couvertures imprimées de l'éditeur |
| Poids | 2Kg560 |
| État | Couvertures jauni et traces d'usages, intérieure jauni dans la marges |
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Le Serpent de la Genèse est le monument central de la renaissance occultiste française des années 1880–1900.
Conçu comme un commentaire des vingt-deux arcanes majeurs du Tarot distribué en trois septaines et un épilogue, l'ouvrage devait offrir la synthèse complète de la « science maudite » kabbale, magie, sorcellerie, mystique déviante.
La première septaine, Le Temple de Satan (originale 1891), dissèque la figure du sorcier, l'arsenal de la magie noire et les « modernes avatars » de la sorcellerie, dont le carmel hérétique d'Eugène Vintras et l'abbé Boullan attaque qui déclencha la fameuse « guerre des deux roses » évoquée par Huysmans dans Là-Bas.
La seconde septaine, La Clef de la Magie Noire (originale 1897), parue l'année même de la mort de Guaita, entreprend l'explication rationnelle des faits exposés dans la première. Mort à trente-six ans, Guaita laissa la troisième septaine inachevée. Les éditions Durville, maison spécialisée dans les sciences psychiques, redonnèrent au grand œuvre sa diffusion dans l'entre-deux-guerres : le tome de 1920 de La Clef de la Magie Noire, porté à 847 pages, en constitue la version la plus étoffée.
Ces impressions illustrées sont devenues la forme de référence sous laquelle l'œuvre a circulé au XXᵉ siècle.
Stanislas de Guaita (1861–1897), marquis d'origine lombarde né au château d'Alteville en Lorraine, débuta comme poète parnassien (La Muse noire, 1883 ; Rosa mystica, 1885) avant de se consacrer entièrement aux sciences occultes sous l'influence de Joséphin Péladan et de la lecture d'Éliphas Lévi.
En 1888, il fonda l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix, dont il présida le « Suprême Conseil » entouré de Papus, Péladan et Oswald Wirth.
Sa bibliothèque hermétique, l'une des plus riches de son temps, est demeurée légendaire. Épuisé par le travail et la morphine, il mourut à trente-six ans, laissant inachevée la trilogie du Serpent de la Genèse.