Rajeunissement en français moderne, par Florent Gaboriau, de la première traduction française complète du traité d’Henri Corneille-Agrippa — celle d’A. Levasseur, imprimée à La Haye chez R. Ch. Alberts en 1727, laquelle comprenait déjà les trois livres authentiques, le quatrième livre apocryphe et l’Apologie de Gabriel Naudé. Gaboriau ne propose ni traduction nouvelle ni appareil critique inédit : selon ses propres termes, il a « revu, corrigé et complété » le texte de Levasseur en le collationnant avec l’édition latine princeps de Cologne (1533), afin d’offrir aux lecteurs du XXe siècle, privés d’accès à l’original de 1727 devenu rare, une version fidèle et lisible. Dans la trajectoire d’Agrippa, humaniste, médecin et diplomate qui rédigea son De Occulta Philosophia dès 1510 avant de le remanier jusqu’à sa publication définitive en 1533, l’ouvrage demeure le testament le plus ambitieux d’une pensée qui chercha toute sa vie à concilier savoir occulte et orthodoxie chrétienne. Dans l’arc historique de l’ésotérisme occidental, ce traité prolonge la synthèse magico-kabbalistique inaugurée par Marsile Ficin et Pic de la Mirandole, et nourrira directement la renaissance occultiste française du XIXᵉ siècle — Éliphas Lévi puis Papus s’y référant constamment. Cette édition Chacornac, en modernisant l’unique traduction française existante, devint elle-même la référence de tous les occultistes francophones du XXᵉ siècle.
| Auteur | Henri Corneille Agrippa (Henricus Cornelius Agrippa ab Nettesheim, 1486-1535) |
|---|---|
| Illustrateur | portrait de l'auteur en frontispice |
| Date & Lieu | Paris — 1910-1911 (Tome I daté 1910, Tome II daté 1911 sur les pages de titre respectives) |
| Imprimeur | Bibliothèque Chacornac, Librairie générale des sciences occultes, 11 quai Saint-Michel |
| Format | In-8°, 2 volumes brochés, collection « Les Classiques de l'Occulte ». Tome I (1910) : XXX + 447 pages. Tome II (1911) : 295 + 48 pages. |
| Reliure | Broché, couvertures imprimées d'origine, traces d'usage |
| Poids | 1.060Kg |
| État | Deux tomes brochés, traces d'usage aux couvertures. Intérieur frais, légèrement jauni dans les marges. Quelques annotations et surlignages |
| Provenance | Ex-dono manuscrit sur le titre du tome I : « Don de Mˡˡᵉ Farcy à la Bibliothèque de la S. T. de Toulouse » — S. T. probablement Société Théosophique, |
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Publié pour la première fois en latin à Anvers (1531) puis en édition définitive à Cologne en 1533, le De Occulta Philosophia d'Agrippa constitue la somme la plus ambitieuse de la magie savante à la Renaissance, associant magie naturelle, astrologie céleste et théurgie kabbalistique en un système unifié.
L'ouvrage prolonge la synthèse néoplatonicienne et hermético-kabbalistique inaugurée par Marsile Ficin et Pic de la Mirandole à Florence à la fin du XVe siècle, tout en l'organisant en un traité opératoire d'une ampleur inédite.
La première et unique traduction française complète, due à A. Levasseur, parut à La Haye chez R. Ch. Alberts en 1727, précédée de l'Apologie de Gabriel Naudé et intégrant déjà le quatrième livre apocryphe ; elle resta, jusqu'en 1910, la seule voie d'accès au texte pour les lecteurs non latinistes, sa rareté croissante en limitant l'usage.
Florent Gaboriau, dans l'avertissement de la présente édition, précise que ses deux tomes sont sur l Edition de 1727 a la Haye — geste de restitution philologique plus que de réélaboration.
Considéré par Dorbon comme un texte capital pour l'étude de l'occulte, l'ouvrage d'Agrippa demeure, aujourd'hui encore, l'un des piliers bibliographiques de toute collection consacrée à la magie occidentale.
Henri Corneille Agrippa naquit à Cologne en 1486.
Humaniste, médecin, juriste et diplomate au service de plusieurs cours européennes, il mena une existence itinérante entre l'Allemagne, la France, l'Italie et les Pays-Bas. Il rédigea une première version de son traité de magie dès 1510, qu'il fit circuler sous forme manuscrite pendant plus de vingt ans avant de la publier, remaniée, à Cologne en 1533.
Vers la fin de sa vie, dans sa Déclamation sur l'incertitude et la vanité des sciences, il sembla renier une partie de ses positions antérieures sur la magie — geste qui nourrit depuis des débats sur la sincérité de son engagement occultiste.
Il mourut à Grenoble en 1535.