Publié à Paris chez Chamuel en 1898, vingt-trois ans après la mort de son auteur, Le Grand Arcane ou l’Occultisme dévoilé constitue le testament spirituel d’Éliphas Lévi — le dernier et le plus vaste de ses écrits sur la science occulte, rédigé à partir d’un manuscrit resté longtemps inédit. Dans la trajectoire de l’auteur, cet ouvrage posthume couronne une œuvre entamée avec le Dogme et Rituel de la Haute Magie (1854–1856) et l’Histoire de la Magie (1860), et prolonge directement les lettres que Lévi adressa entre 1861 et 1863 au baron Spedalieri, mécène sicilien dont la correspondance nourrit une bonne part de sa doctrine tardive — une lettre du baron à l’éditeur figure d’ailleurs en tête du présent volume. Dans l’arc plus large de sa discipline, Lévi renoue avec la tradition de la Kabbale chrétienne tout en ouvrant la voie à la génération occultiste de la fin du XIXe siècle — Papus, Stanislas de Guaita, Joséphin Péladan — qui le reconnut comme le père fondateur de l’occultisme moderne et martiniste. Cet exemplaire, en demi-reliure de cuir bleu foncé à cinq nerfs, porte l’ex-libris Michel Collée — un nom que l’on peut rapprocher, à titre d’hypothèse, de l’historien de la psychiatrie du même nom, auteur de travaux sur les figures démonologiques du cauchemar.
« Cet ouvrage posthume est le testament de l'auteur ; c'est le plus important et le dernier de ses livres sur la science occulte. »
Dujols (Pierre), Catalogue de la librairie occulte, n° 291, cat. III, Paris, 1909.
| Auteur | Éliphas Lévi (abbé Alphonse-Louis Constant) |
|---|---|
| Date & Lieu | Paris — 1898 |
| Imprimeur | Chamuel (Lucien Chamuel, 1867–1936) |
| Format | In-8, VIII-396 pp. |
| Tirage | édition originale posthume, généralement décrite comme fort rare par les bibliographes |
| Reliure | Demi cuir bleu foncé, dos à cinq nerfs, titre doré |
| Poids | 0.920Kg |
| État | Jauni légèrement dans les marges, deux pages présente et désolidarisée, couverture , 4 Emme de couverture et dos non conserver |
| Provenance | Ex-libris Michel Collée (graphie manuscrite à confirmer par examen direct). Un rapprochement, hypothétique et non confirmé par une source bibliographique directe, peut être fait avec Michel Collée, historien de la psychiatrie connu pour ses travaux sur les figures démonologiques du cauchemar — notamment l'article « Coche mare », consacré à l'incube et au succube, publié dans la Revue de la Société Internationale d'Histoire de la Psychiatrie et de la Psychanalyse – Frénésie n° 3 (1987) — ainsi que pour plusieurs études sur l'histoire des maladies mentales. Ce profil, à la croisée de l'histoire de la psychiatrie et des figures démonologiques, rendrait plausible la possession d'un tel ouvrage occultiste |
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Le Grand Arcane occupe une place singulière dans la bibliographie d'Éliphas Lévi : c'est son ouvrage posthume, publié vingt-trois ans après sa mort survenue en 1875, à partir d'un manuscrit resté longtemps inédit.
Divisé en trois parties — le Mystère hiératique, le Mystère royal et le Mystère sacerdotal — le texte prétend livrer la synthèse ultime de la doctrine magique élaborée par l'auteur depuis le Dogme et Rituel de la Haute Magie.
L'édition Chamuel de 1898 place en tête du volume la lettre que le baron Spedalieri, mécène sicilien et correspondant assidu de Lévi entre 1861 et 1863, adressa à l'éditeur, l'enjoignant de considérer la copie transmise comme fidèle à l'original.
Catalogué par Dujols et par Caillet parmi les pièces maîtresses de la bibliographie occultiste, l'ouvrage bénéficia d'emblée d'une réputation de rareté (voir Prix). Sa publication s'inscrit dans le mouvement de redécouverte des textes de Lévi qui accompagna l'essor du Martinisme et de l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix.
L'éditeur, Lucien Chamuel (1867–1936), n'était pas un simple libraire : disciple de Papus dès la fondation de l'Ordre martiniste en 1887, il fonde vers 1888–1890 la Librairie du Merveilleux, rue de Trévise, creuset de l'hermétisme parisien fin-de-siècle et siège de la revue L'Initiation ; il rejoint en 1890 l'Église gnostique de Jules Doinel, dont il devient « évêque » sous le nom de Tau Bardesane.
C'est sous sa seule marque, après la revente de la Librairie du Merveilleux en 1901, qu'il publie en 1898 ce testament de Lévi, dans la continuité directe du Livre des splendeurs déjà édité par ses soins en 1894.
Né Alphonse-Louis Constant le 8 février 1810 à Paris, Éliphas Lévi reçut une formation ecclésiastique avant de s'orienter vers l'étude de la magie et de la Kabbale. Il publie en 1854–1856 le Dogme et Rituel de la Haute Magie, puis en 1860 l'Histoire de la Magie, ouvrages fondateurs du renouveau occultiste français. Ses séjours à Londres, sa rencontre avec Edward Bulwer-Lytton et sa correspondance avec le baron Spedalieri, l'un de ses principaux soutiens, nourrissent une œuvre abondante poursuivie jusqu'à sa mort, survenue à Paris le 31 mai 1875. Le Grand Arcane, rédigé dans ses dernières années à partir d'un manuscrit conservé à Londres, ne sera publié qu'en 1898.