Imprimée à Genève chez Jacob Stoer, probablement dans la première moitié du XVIIIe siècle, cette édition en deux forts volumes in-12 réunit les Œuvres Morales de Plutarque dans la célèbre traduction française de Jacques Amyot, évêque d’Auxerre et figure centrale de l’humanisme de la Renaissance. Reprenant la version « revue et corrigée en plusieurs passages par le traducteur », l’édition propose plus de deux mille pages de traités, dialogues et réflexions sur l’éthique, la politique, la religion et la philosophie quotidienne, accompagnées de tables des matières détaillées et d’une ornementation typographique soignée. La traduction d’Amyot, saluée par Montaigne comme l’une des plus belles œuvres en langue française, a durablement façonné la réception de Plutarque en Europe et exercé une influence considérable sur la littérature morale de la Renaissance jusqu’aux Lumières. Un ensemble de belle tenue, intérieur très frais, pour toute bibliothèque de lettres classiques et d’humanisme.
« Ce n'est pas pour apprendre l'histoire que l'on lit Plutarque, c'est pour apprendre à être homme. »
Jean-Jacques Rousseau, Confessions, Livre I (à propos de sa lecture de Plutarque enfant).
| Auteur | Plutarque de Chéronée — traduction française de Jacques Amyot |
|---|---|
| Date & Lieu | Genève, probable première moitié du XVIIIe siècle |
| Imprimeur | Jacob Stoer |
| Format | Fort in-12, deux tomes — Tome I : 1 047 pages ; Tome II : 976 pages + index ; bandeaux, lettrines et culs-de-lampe ornementaux |
| Reliure | Demi-cuir, dos lisse avec titres dorés, tranches rouges |
| État | Fente au mors du plat avant du tome I ; trace ancienne de mouillure en marge basse extérieure ; frottement et coiffe haute usée au tome II ; fines rousseurs éparses ; intérieur très frais |
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La traduction des Œuvres Morales de Plutarque par Jacques Amyot constitue l'un des monuments de la prose française de la Renaissance. Publiée pour la première fois en 1572, soit douze ans après sa traduction des Vies parallèles (1559), elle contribua de façon décisive à la diffusion de la pensée morale antique dans l'espace culturel français et européen. Plutarque, auteur grec de la période impériale romaine, avait rassemblé dans ses Ethikà — corpus de quelque soixante-dix-huit traités et dialogues — une réflexion encyclopédique sur les vertus, les passions, les pratiques religieuses et la philosophie pratique, puisant dans les principales écoles philosophiques grecques : platonisme, stoïcisme, épicurisme et pyrrhonisme. La traduction d'Amyot, saluée par Montaigne dans les Essais comme une œuvre incomparable, influença profondément la culture morale de la France du XVIe au XVIIIe siècle. Shakespeare lui-même, à travers la traduction anglaise de North dérivée d'Amyot, dut à Plutarque plusieurs de ses pièces historiques. L'édition genevoise chez Jacob Stoer s'inscrit dans la longue série des réimpressions de cette traduction canonique, dont la vitalité éditoriale témoigne de l'extraordinaire fortune du texte plutarquien dans la culture européenne moderne.
Plutarque de Chéronée (vers 45 – vers 120 apr. J.-C.) est un philosophe, biographe et moraliste grec de la période impériale romaine, né en Béotie. Formé à Athènes sous la direction du platonicien Ammonios, il accomplit plusieurs séjours à Rome où il enseigne la philosophie et fréquente les cercles de l'élite intellectuelle romaine. Son œuvre, considérable, se divise en deux grands ensembles : les Vies parallèles, biographies de personnages illustres grecs et romains présentés par paires, et les Ethikà ou Œuvres Morales, vaste corpus de traités philosophiques, religieux et pratiques. Profondément attaché au platonisme, Plutarque s'intéresse également aux religions à mystères, à la théologie et aux pratiques cultuelles, dont il offre une réflexion nuancée. Le traducteur Jacques Amyot (Melun, 1513 – Auxerre, 1593), humaniste et prélat français, occupa les fonctions de précepteur des fils d'Henri II avant de devenir évêque d'Auxerre et grand aumônier de France sous Charles IX et Henri III. Sa traduction des œuvres de Plutarque est universellement reconnue comme l'une des contributions les plus importantes à la formation de la langue française classique.